Mode… ça veut dire beaucoup de choses. Une statistique, une onde, de la musique, des saisons astrologiques ou un terme de grammaire.Ce qui nous intéresse ici, c'est LA mode avec un grand « M », celle qui s'affiche à la première page des magazines, celle qui fait courir les femmes et – parfois – les hommes. La mode, c'est quoi, ça vient d'où et ça sert à quoi ?Difficile de trouver une définition concise et précise de cet univers infini, communautaire et à la foi très personnel. Mais pour aller vraiment vite, on pourrait dire que la mode, c'est la nouveauté, l'originalité, parfois même une provocation contre l'ordre établi. En rupture avec les traditions, c'est un précieux indicateur de l'évolution de notre société.

Histoire de la mode et du vêtement Préhistoire
Préhistoire
Nos ancêtres poilus n'étaient pas très « mode ». Il s'agissait là de considérations purement fonctionnelles. Et sur ce sujet, deux écoles s'affrontent.
La Bible évoque des motivations psychologiques. C'est l'histoire d'Adam et Eve, de la pomme et du vilain serpent qui essaie de donner de mauvaises idées aux gentils êtres humains. Un peu plus sérieusement, plusieurs ethnologues s'accordent à dire que l'homme aurait effectivement inventé le vêtement par pudeur, pour cacher sa nudité.
D'autres spécialistes avancent une hypothèse encore plus fonctionnelle. Le vêtement a tout simplement remplacé les poils. Le corps de l'homme, dépourvu de cette pilosité naturelle, s'exposait aux agressions climatiques. Il s'est donc couvert le corps de peaux d'animaux grossièrement assemblées qui le protégeaient du froid, de la pluie et des brûlures du soleil.
Bref, si les avis divergent sur le fonds, tout le monde est d'accord sur la forme. Aux prémices de l'humanité, le vêtement n'était que fonctionnel. Première constatation donc, rien de très animal dans le phénomène « mode » (mais on d'en doutait un peu… bref).

Rapidement, le vêtement fonctionnel revêt une autre fonction. On l'améliore, le teint, le coud. Et puis on le customize, on accroche des bijoux, des broches. On le personnalise un peu. En fonction de sa tribu, de son origine géographique, de sa famille, de son âge et de son sexe.
Ainsi et même sous des latitudes clémentes, les populations agrémentaient leur tenue d'une multitude d'accessoires tels que des pagnes végétaux, des plumes ou des bijoux sculptés dans l'os par exemple. Des accessoires inutiles d'un point de vue fonctionnel dont le seul but était « d'être beau », de « séduire ».
Il s'agit là des prémices, très balbutiants, de ce qui deviendra plusieurs milliers d'années plus tard, « la mode ».
La mode aristocratique
En France dès le 14e siècle, la mode est un caprice aristocratique qui fait sensation à la Cour. C'est ce qui permet aux classes aisées de se distinguer des classes populaires. La mode est alors un faire-valoir ; si elle n'a pas encore vraiment d'identité, elle est le miroir de la condition sociale.
A la cour, on parle de costumes. Ils ne sont pas forcément beaux mais obligatoirement clinquants. Les matériaux sont rares et les tissus somptueux. Les robes de courtisanes rivalisent d'élégance et de volupté.

C'est à cette période aussi que l'on commence à se parfumer (il faut dire qu'à l'époque, le parfum remplace allégrement le savon) et à se maquiller. Ce ne n'est pas l'apanage des femmes. Les hommes aiment se couvrir le visage d'une poudre qui leur confère un teint blanchâtre très « tendance » à l'époque (le bronzage est la hantise des classes aisées, qui pourraient alors être assimilées au bas peuple travaillant dans les champs).
Peu avant la Révolution apparaît l'ancêtre de la presse vestimentaire spécialisée sous la forme d'almanachs illustrés présentant les tendances parisiennes à ses lectrices provinciales et européennes. Dès ses premières publications, cette presse jouera un rôle fondamental dans la libéralisation des vêtements et plus tard, l'émancipation de la femme.

19e siècle, le premier défilé de mode
L'histoire de la mode commence vraiment au 19e siècle. Le créateur Charles-Frédéric Worth, pionnier de la Haute Couture, fait défiler, le premier, ses modèles sur de vrais mannequins, dans de prestigieux salons où se rassemblent une clientèle féminine aisée… sans doute les premiers défilés de couture de l'histoire.
En 1900, Paris compte une petite vingtaine de maisons de Haute couture. Il y en aura une centaine en 1946 (à peine 15 en 2006).

La mode au 20e siècle
Si le 20e siècle est le siècle des lumières, c'est aussi le siècle de la mode qui voit émerger quelques-uns de ses plus grands créateurs, Cacharel ou Yves Saint-Laurent pour ne citer qu'eux, des couturiers d'exception qui ne travaillent que pour une rare clientèle aisée.

Mais bientôt, la mode va se populariser.
L'électricité crée l'industrialisation, qui crée la confection - l'ancêtre du prêt-à-porter – qui crée les grands magasins. Pour la première fois de son histoire, le vêtement sort des chaumières où la mère de famille le confectionnait parfois maladroitement. Il envahit les vitrines des grandes villes d'abord et de province très vite. Le premier phénomène « mode » de masse est en mouvement. Et c'est le visage de toute notre société qui va changer.
En 1930, la mode fait ses premiers pas dans le marché de la publicité lorsque Coco Chanel et le producteur de cinéma Samuel Goldwyn concluent un accord portant sur l'habillage des stars de la société « United Artists ».

L'après-guerre
En été 1945, les Européennes ont envie de changement, de couleurs et d'innovation. C'est la période euphorique de l'après-guerre, les beaux GI's ont importé le chewing-gum et le rock'n'roll, la mode vestimentaire va elle aussi fortement s'inspirer de nos cousins américains. La mode devient « fashion » et ce terme définit à lui seul un passage de relais. Etre fashion, c'est être différent, un tantinet subversif. Les classes bourgeoises s'éloignent de cette notion anti-traditionnelle et la mode se scinde entre les collections classiques et les collections « fashion » destinées à une clientèle très jeune, nombreuse et complètement émergeante sur le marché. On sent les premiers vents d'émancipation.

